Je n'ai rien publié depuis des mois.
Pas parce que je n'avais rien à dire. J'étais ailleurs : aux côtés de celles qui vivent ce que j'ai vécu.
Aujourd'hui, je reviens. Et pour reprendre, j'ai envie de te raconter un mardi matin tout simple. Parce que c'est souvent dans ces moments-là que tout se joue.
Ces derniers mois, j'ai accompagné des personnes en tant que prestataire pour une structure spécialisée.
Ça m'a permis de mettre en pratique, semaine après semaine, tout ce que j'ai appris. Et de me consacrer pleinement aux personnes que j'ai envie d'accompagner : celles qui sont là où j'étais avant.
Si je reviens maintenant, c'est parce que c'est plus juste pour moi. Pour prendre ma place, sous mon nom. Et pour recréer en douceur, par envie, pas par obligation.
Petit déjeuner avec mon fils.
La veille, j'avais préparé une pâte à gaufres, avec une recette choisie exprès. J'en avais goûté, c'était trop bon.
Mais ce matin-là, il n'en restait pas assez pour nous deux. Je la lui laisse. C'est OK.
Sauf que moi, j'avais envie de ce plaisir-là.
Alors je regarde ce qu'il y a à la maison. De la brioche. Je m'en coupe une belle tranche épaisse, en deux carrés, et je mange le premier avec mon petit déjeuner.
Puis je me rends compte : j'ai encore faim.
Je croque dans le second. Une bouchée. Et ça suffit, mon corps me dit stop.
Je range le reste dans un petit sachet, pour plus tard.
Et c'est tout. Il n'y avait aucun sujet dans ma tête.
Avant, je n'aurais pas mangé cette brioche.
Je me serais jugée rien que d'y avoir pensé. Je ne me serais pas sentie libre.
Ce matin-là, il s'est passé exactement l'inverse :
Rien d'extraordinaire. Et c'est justement ça qui est extraordinaire, quand on a vécu des années de crises.
J'ai vécu 17 ans de troubles du comportement alimentaire.
J'ai appris à comprendre ce qui se passait en moi. À déconstruire. À m'écouter.
Ce travail-là a compté. Observer ses crises, ce qui les déclenche, les sensations de faim et de satiété, le message derrière une envie : c'est une étape importante. C'est même souvent par là que tout commence.
Mais l'observation est une étape, pas une identité à vie.
Le but n'était pas de devenir experte de mes crises. C'était de pouvoir, un jour, lâcher. Manger, me faire plaisir, et passer à autre chose.
Pour moi, c'est ça, la vraie liberté.
Je partage ce moment parce qu'il montre que c'est possible. Et que c'est OK.
Pas de règle parfaite. Pas de recette miracle. Juste une écoute de soi, qui se réapprend petit à petit, avec un cadre ET du plaisir.
Si tu te reconnais dans le « avant », je te transmets ça avec beaucoup de douceur : ce n'est pas un manque de volonté. Et tu n'as pas à rester seule avec ça.
Et toi, quel petit moment avec la nourriture aimerais-tu vivre sans que ce soit un sujet ?
Si tu as envie qu'on en parle, écris-moi le mot LIBRE en message sur Instagram.
Avec douceur,
Lucie Arrazat Conseillère Pleine Santé, spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire